En 2012, je venais de mettre au monde mon premier enfant. J’étais sur un petit nuage, je découvrais les joies de la maternité et cet amour intense que l’on ressent. Mon petit bonhomme était un amour de bébé, il a fait ses nuits à trois semaines, pleurait très peu. Bref, j’étais une maman comblée, vraiment.

Malheureusement, ça n’a pas duré.

J’ai commencé à avoir très mal dans le bas du dos. Mon nerf sciatique était de plus en plus bloqué. J’avais des difficultés à marcher. Je ne pouvais plus me pencher. Imagine-moi, seule de sept heures du matin à dix-neuf heures avec un bébé de trois mois (oui, il fallait bien que Chéri aille travailler). C’était devenu un enfer.

Quand mon fils se réveillait, je le sortais, tant bien que mal, de son lit. Je l’emmenais à la salle de bain pour changer sa couche et lui faire une petite toilette. Ensuite, on s’installait tous les deux sur notre canapé avec une bouteille d’eau, le téléphone et quelques hochets. Voilà, le programme de nos journées.

Heureusement, j’avais la chance d’avoir un homme très compréhensif. Dès qu’il rentrait du boulot, il prenait tout en charge : notre fils, les repas, la maison, et même moi.

Le temps de voir plusieurs médecins et de faire des examens mon état s’était encore aggravé. J’étais tout juste capable de faire de minuscules petits pas et, pour chacun d’eux, une larme de douleur coulait sur ma joue. J’étais devenue incapable de me pencher, de me lever. Aucune position ne me soulageait et la douleur était insupportable.

Puis, le dimanche 8 juillet, j’ai commencé à avoir des difficultés à uriner. Imagine ce que tu ressens quand la douleur est si forte que tu ne peux pas t’asseoir mais que tu es obligée de rester là, encore. Au départ ta vessie met une dizaine de minutes à se décider. Puis, tu te retrouves à passer plus d’une heure dans cette position avec l’impression que ton corps brûle de douleur et que ta vessie est prête à exploser. Je n’avais pas le choix. Je devais serrer les dents et prendre sur moi.

Je me souviens que j’étais à bout. Je pleurais pendant des heures. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et je pouvais voir la peur dans les yeux de Chéri. Comme je ne pouvais plus bouger, il se chargeait de tout dès qu’il rentrait du travail. Bien souvent, je n’avais même pas mangé de la journée, les douleurs étaient telles que je me traînais dans la cuisine uniquement pour les biberons de mon fils. Du coup, Chéri me préparait un vrai repas. Il s’occupait de notre enfant, venait me relever des toilettes après m’avoir regardé, impuissant, pleurer de douleur, assise là, pendant si longtemps. Il m’aidait à me déplacer, à me lever, me laver. Bref, je vous assure que je n’exagère pas : j’ai un mari en or !

Quand, le 12 juillet, le chirurgien a vu les résultats de mes examens, j’ai vu son regard s’assombrir. Sans rien dire, il m’a rapidement examinée, puis il m’a demandé de rentrer chez moi et de faire ma valise pour l’hôpital. Il fallait que je sois opérée au plus vite. Je souffrais du syndrome de queue de cheval : une hernie discale en L5-S1 tellement grosse qu’elle me paralysait tout le bas du corps.

C’était donc ça. Cela faisait 5 jours que ma vessie ne faisait plus son boulot. Selon le médecin, cela indiquait la date du début de la paralysie. Aussi, il me fit remarquer que mes jambes ne répondaient plus. Il s’est dit impressionné et ne comprenait pas comment j’arrivais encore à tenir debout. Il m’annonça alors que, en général, après deux jours de paralysie il était rare que notre corps retrouve toutes ses fonctions. C’est là que j’ai compris l’urgence de la situation.

Le jour-même, le chirurgien m’a opérée et, au bout de quelques jours, j’ai retrouvé l’usage du bas de mon corps.

Aujourd’hui, cela fait presque sept ans que j’ai été opérée. Chaque jour, je pense à la chance que j’ai d’être debout et de ne pas porter de sonde urinaire. Mais, malgré ces bons résultats, j’ai dû apprendre à vivre avec les séquelles de cette paralysie. Ma vessie m’envoie continuellement la sensation d’être remplie. Souviens-toi de ce que tu ressens quand ça fait des heures que tu te retiens ? Quand tu as l’impression que ta vessie va exploser ? Eh bien moi, je vis ça tout le temps. Aussi, j’ai des pertes de sensation dans les jambes. Mon dos me fait toujours souffrir. Je ne peux pas rester assise trop longtemps. Je ne peux pas marcher trop longtemps. Je dois faire attention à tout ce que je fais au risque de déclencher une grosse crise douloureuse. Toutes ces séquelles, je dois apprendre à vivre avec, c’est un travail quotidien.

J’ai été déprimée pendant très longtemps, je me sentais inutile, j’avais l’impression de ne pas avoir d’avenir. C’est très difficile psychologiquement de supporter cette souffrance et d’accepter qu’elle fasse désormais partie de mon quotidien.

Puis, grâce à mon deuxième enfant, j’ai ouverts les yeux. Certes, j’ai mal… Mais je suis en vie, j’ai deux petits garçons géniaux, j’ai un mari en or et je l’aime plus que tout. Alors, oui, c’est difficile, je vois ça comme une épreuve au quotidien de surpasser mes souffrances. Mais j’ai décidé d’être heureuse, chaque jour.

J’ai perdu plusieurs années de ma vie à être malheureuse et je me dis que je ne suis certainement pas la seule dans cette situation alors si mon histoire peut t’aider à avancer, si j’arrive à te montrer le chemin vers le bonheur, ou même simplement à te redonner un peu le sourire alors j’aurais atteint mon objectif.

Et toi, quelle est ton histoire ? Nous vivons tous des choses difficiles et ce n’est pas toujours simple de se relever. Mais n’hésite pas à partager une partie de ton vécu. Ce site est là pour ça. Nous avons toutes le droit d’être heureuse. Il suffit parfois de commencer à parler de ses problèmes pour se sentir mieux. Et puis, si on garde tout pour soi, on ne risque pas de trouver des solutions, n’est-ce pas ?

Très belle journée à toi, n’oublie pas d’être heureuse.